Les conditions écologiques en domaine karstique du massif jurassien rendent les forêts comtoises extrêmement sensibles aux variations du climat, notamment à la sécheresse. Une réponse communément proposée est l’introduction d’essences exogènes, notamment méditerranéennes, dans les peuplements forestiers. Toutefois, les changements du climat entraineront localement des phénomènes extrêmes, entre autres de gel, peu propices à ces essences. Par ailleurs, les plants utilisés résultent couramment de clonage conférant une très faible diversité génétique entre individus et donc au sein du peuplement. Or, seule la diversité génétique permet à terme une résistance et une résilience aux effets des changements climatiques. Enfin, nombre des espèces forestières animales, mycorhiziennes et microbiennes sont inféodées aux essences forestières locales et ne pourront prospérer favorablement dans un contexte de nouvelles essences, affaiblissant la fonctionnalité des écosystèmes et sols forestiers comtois. En conséquence, le projet multidisciplinaire FOR’EST-ADN questionnera ici les conditions écologiques d’une régénération naturelle efficace et les effets propres aux différents modes de gestion favorisant la diversité génétique des jeunes plants tout en garantissant la résistance (sécheresse, ravageurs, etc.) et donc le stockage de carbone, la productivité et les services écosystémiques attendus des acteurs socio-économiques forestiers. Le projet regroupe des compétences et des champs thématiques variés en écologie, en géographie et en gestion et analyse de données environnementales complexes de quatre UMR régionales à fortes compétitivité et lisibilité nationale et internationale. Le projet s’inscrit dans l’Observatoire des forêts comtoises, s’appuyant sur l’expertise des chercheurs et des partenaires territoriaux (ONF, PNR, RNN, RNR, etc.) en vue d’apporter des réponses concrètes aux gestionnaires publics et privés des forêts face au dépérissement actuel des essences forestières.